Tabac, ecigarette et accidents cardiovasculaires : une nouvelle étude scientifique

Accidents cardiovasculaires : la cigarette électronique une alternative au tabagisme plus saine ?

Les accidents cardiovasculaires causés par la fumée du tabac pourraient-ils être évités grâce à la cigarette électronique ?

A chaque fois qu’on demande à des personnes quelles sont les maladies causées par le tabagisme, le résultat est sans appel : le cancer du poumon est de loin le plus cité. En réalité, parmi les décès directement liés au tabac, ceux découlant d’accidents cardiovasculaires sont deux fois plus nombreux que ceux attribuables à un cancer du poumon. Une étude réalisée au niveau mondial en 2004 estime que 8 personnes sur 10  ayant eu un infarctus avant 45 ans sont des fumeurs et que 60 % des infarctus sont exclusivement causés par le tabagisme. Le Docteur Farsalinos, cardiologue et auteur de plusieurs études sur l’impact de la cigarette électronique sur la santé a présenté le 31 août 2013 à Amsterdam une nouvelle étude lors du Congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie. Cette étude scientifique analyse l’impact de la cigarette électronique sur la circulation coronaire et sur le niveau de carboxyhémoglobine : les résultats sont très positifs pour la cigarette électronique puisque contrairement à la cigarette classique, son utilisation n’a pas d’incidence sur ces paramètres clés du risque d’accident cardiovasculaire.

Pourquoi le tabac fumé peut entraîner des accidents cardiovasculaires ?

Les causes d'un accident cardiovasculaire

Les causes d’un accident cardiovasculaire

Le tabagisme peut entraîner des accidents cardiovasculaires via deux mécanismes que sont la trombose et le spasme :

Le spasme diminue la taille des artères ce qui réduit le flux sanguin, d’où un moindre apport d’oxygène au coeur et une altération de son bon fonctionnement. En plus de la diminution qualitative du flux sanguin, la fumée du tabac affecte sa qualité, l’oxygène transporté par les globules rouges est en effet remplacé par le monoxyde de carbone contenu dans la fumée du tabac. Un spasme peut entraîner des symptômes d’angine de poitrine voire parfois conduire à un infarctus.

La trombose correspond à la formation d’un caillot qui bouche entièrement et brusquement une artère coronaire : c’est ce qui cause le plus fréquemment un infarctus du myocarde. Or la fumée de tabac a un effet sur la coagulation ce qui augmente fortement la survenue d’une trombose.

En moyenne, un fumeur a 3 fois plus de risque d’accident cardiovasculaire qu’un non fumeur. Ce risque est proportionnel au nombre de cigarettes fumées puisqu’il est 7 fois plus important pour un fumeur de plus d’un paquet par jour par rapport à un non fumeur.

Cependant il faut avoir en tête qu’il n’y a pas de seuil et de durée d’exposition à la fumée du tabac en dessus duquel il n’y a pas de risque accru. Ainsi ceux qui pensent que fumer quelques cigarettes par jour n’est pas dangereux se trompe. De même ceux qui fument occasionnellement dans l’année sont tout autant concernés. Des personnes de tous âges meurent chaque année du fait de cette ignorance.

Arrêter de fumer diminue immédiatement les risques d’accident cardiovasculaire

Pour rappeler les bénéfices de l’arrêt du tabac voici les effets sur le corps après l’ultime cigarette d’après les Docteurs Abdennbi et Lahlou :

Au bout de 20 minutes : La tension artérielle et le rythme cardiaque reviennent à un niveau normal,

Après 8 heures : les cellules sont à nouveau oxygénées normalement et on observe une diminution de moitié du taux de monoxyde de carbone dans le sang. Le risque de spasme coronaire est déjà diminué.

Après 24 heures : le risque d’infarctus du myocarde commence à baisser. Par ailleurs, les résidus de fumée et le mucus commencent à être éliminées des poumons. Le nicotine est évacuée du corps.

Après 48 heures : l’odorat et le goût commencent déjà à revenir.

Après 72 heures : la respiration s’améliore et les bronches commencent à se relâcher.

Arrêter de fumer réduit rapidement les risques cardiovasculaires mais il faut 10-20 ans pour que les effets du tabac disparaissent presque totalemen

Arrêter de fumer réduit rapidement les risques cardiovasculaires mais il faut 10-20 ans pour que les effets du tabac disparaissent presque totalement

Entre 2 à 12 semaines après avoir arrêter de fumer : la toux s’estompe ainsi que le souffle et les terminaisons gustatives se reconstituent.

De 1 à 9 mois après avoir arrêter de fumer  les cils bronchiques se reconstituent. Le souffle continue à s’améliorer ainsi que la fonction pulmonaire.

Après 1 an  : le risque d’accident vasculaire cérébral redevient identique à celui d’une personne n’ayant jamais touché à une cigarette. Parallèlement le risque d’infarctus du myocarde est divisé par deux.

Après 5 ans : le risque de cancer du poumon est réduit de 50%. le risque d’infarctus du myocarde  redevient le même que celui d’une personne n’ayant jamais touché à une cigarette.

Après 10 à 20 ans : le risque de cancer de la bouche, de l’œsophage et de la vessie est presque identique à celui d’une personne n’ayant jamais touché à une cigarette. L’espérance de vie redevient la même que celle d’une personne n’ayant jamais touché à une cigarette.

On voit clairement que le risque d’accident cardiovasculaire du fait du tabagisme diminue rapidement après avoir arrêté de fumer. Seulement voilà pour cela il faut réussir à décrocher.

Une Etude sur la Cigarette Electronique très positive

Le Docteur Farsalinos, heureux de présenter ses résultats inédits au Congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie

Le Docteur Farsalinos, heureux de présenter ses résultats inédits au Congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie

C’est dans cette optique que le Docteur Farsalinos (auteur d’étude sur la toxicité de la cigarette électronique, sur l’E-tabagisme passif, étude de cas clinique…)  a analysé l’impact de la cigarette électronique sur la circulation coronaire et le niveau de carboxyhémoglobine. L’étude a été présenté le 31/08/2013 au Congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie.

Comme on l’a vu, la fumée de cigarette est notamment constituée de monoxyde de carbone dont l’impact sur l’organisme est néfaste. La carboxyhémoglobine est un complexe stable de monoxyde de carbone et d’hémoglobine qui se forme lorsque du monoxyde de carbone est inhalé et qui inhibe la délivrance d’oxygène dans le corps.

Ainsi une élévation de carboxyhémoglobine est synonyme d’une augmentation du risque d’accident cardiovasculaire.

A noter que cette étude a été réalisée sur du Eliquide pour cigarette électronique Flavour Art.

L’abstract de l’étude ci-dessous a été publié sur le site de la société européenne de cardiologie. L’un des sites les plus reconnus en terme de recherche sur le coeur theheart.org y a consacré un article.

Effets immédiats de la consommation de cigarette électronique sur la circulation coronarienne et les niveaux de carboxyhémoglobine dans le sang : comparaison avec la cigarette

Auteurs:
K. Farsalinos(1) , D. Tsiapras(1) , S. Kyrzopoulos(1), C. Stefopoulos(1) , A. Spyrou(1) , M. Tsakalou(1) , E. Avramidou(1) , D. Vasilopoulou(1) , G. Romagna(2) , V. Voudris(1) ,
(1) Centre de chirurgie cardiaque d’Onassis , 2e département de cardiologie - Athènes – Grèce , (2) Laboratoire de recherche en biologie et toxicologie d’Abich - Verbania – Italie,Cité dans European Heart Journal (2013 ) 34 (Abstract Supplément ), 13

Objectif: Le tabagisme provoque une élévation aiguë des niveaux de carboxyhémoglobine ( HbCO ) et a des effets néfastes immédiats sur la circulation coronarienne . Le but de cette étude était d’évaluer les effets de l’utilisation de la cigarette électronique sur la microcirculation coronarienne.

Méthode : Nous avons recruté 60 participants en bonne santé (âge 20-55 ans) , 30 fumeurs et 30 ex-fumeurs utilisateurs quotidiens de la cigarette électronique. Les fumeurs ont été invités à fumer 2 cigarettes ( 0,7 mg de nicotine ) et à utiliser une cigarette électronique avec un liquide contenant de la nicotine ( 18 mg/ml [Note : la mention de 9 mg/ml dans l'abstract original était une coquille]) pendant 15 minutes, dans un plan randomisé de type croisé. la réserve coronaire (« coronary flow velocity reserve (CFVR) »)  et l’indice de résistance vasculaire coronaire (CVRI) ont été mesurés au départ (après 8 heures abstinence de tabac et la caféine ) , 20-30 minutes après avoir fumé deux cigarettes et après l’utilisation de la cigarette électronique, par administration intraveineuse d’adénosine ( 140μg/kg/min ). Les niveaux de HbCO ont également été mesurés . Les utilisateurs de cigarette électronique ont été évaluées uniquement avant et après l’utilisation de la cigarette électronique.

Résultats : Les deux groupes avaient des caractéristiques de base similaires. La pression artérielle et la fréquence cardiaque étaient similaires au départ ainsi qu’après avoir fumé et l’utilisation de la cigarette électronique. Les niveaux de HbCO étaient significativement plus élevés chez les fumeurs par rapport aux utilisateurs de cigarette électronique au départ ( 2,93 ± 1,15% vs 0,81 ± 0,20% , P <0,001). Aucune élévation des niveaux de HbCO n’a été observée au sein des deux groupes après l’utilisation de la cigarette électronique, tandis que les fumeurs avaient une élévation significative de HbCO après avoir fumé (3,50 ± 1,11% , P <0,001 par rapport au départ) . Dans l’ensemble, aucune différence n’a été observée sur la CFVR (2,94 ± 0,52 vs 2,99 ± 0,62, P = 0,265 ) et le CVRI ( 0,346 ± 0,064 vs 0,345 ± 0,077 , P = 0,870 ), avant et après utilisation de la cigarette électronique sur l’ensemble des 60 participants. En évaluant les groupes séparément, sur les utilisateurs de cigarette électronique aucune différence sur la CFVR (2,99 ± 0,55 vs 3,05 ± 0,64, P = 0,299 ) et le CVRI ( 0,341 ± 0,062 vs 0,337 ± 0,075 , P = 0,691 ) n’a été observé après l’utilisation de la cigarette électronique . De même, chez les fumeurs aucune différence n’a été observée sur la CFVR (2,90 ± 0,49 vs 2,93 ± 0,62, P = 0,593 ) et la CVRI ( 0,351 ± 0,067 vs 0,353 ± 0,079 , P = 0,891 ), avant et après l’utilisation de la cigarette électronique. Cependant, après avoir fumé 2 cigarettes il y avait une diminution significative de la CFVR (2,45 ± 0,45 , P <0,001 par rapport au départ) et une augmentation du CVRI ( 0,416 ± 0,077 , P <0,001 par rapport au départ) .

Conclusion : Les augmentations significatives de la HbCO et du CVRI et la diminution du CFVR ont été observés chez les fumeurs après qu’ils aient fumé 2 cigarettes. Au contraire, aucune différence n’a été observée sur tous les paramètres après l’utilisation de la cigarette électronique chez les fumeurs et les ex-fumeurs . La recherche dans ce domaine doit être intensifiée car la cigarette électronique pourrait potentiellement réduire considérablement les effets néfastes sur la santé associés au tabagisme .

Voici la vidéo de la présentation du Docteur Farsalinos au Congrès du 31/08/2013 :

Sur son site internet le Docteur Farsalinos précise :

«Cette étude est la première qui examine les effets de l’utilisation de la cigarette électronique sur la circulation coronarienne. Nous savons que le tabagisme a des effets néfastes immédiats, en diminuant la capacité des artères coronaires à fournir du sang vers le cœur, et notre but était de vérifier si l’utilisation de la cigarette électronique avait des effets similaires. Après avoir fumé 2 cigarettes nous avons observé une réduction de 16% du débit sanguin coronaire maximal et une élévation de 19% de la résistance à l’écoulement. Parallèlement, après l’utilisation de la cigarette électronique, aucune différence dans le flux sanguin coronaire et la résistance n’a été observée par rapport à la mesure de référence. Les résultats sont impressionnants et montrent que, contrairement au tabac, la cigarette électronique n’affecte pas l’oxygénation du coeur. Cependant, nous devons rester prudents et dire clairement que cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’effet de l’utilisation de la cigarette électronique sur le  long terme. Il est actuellement impossible d’évaluer les effets de l’utilisation à long terme mais les preuves actuellement disponibles suggèrent fortement que les cigarettes électroniques sont de loin une alternative moins nocive que les cigarettes classiques.

Les autorités sanitaires du monde entier évaluent le statut réglementaire des cigarettes électroniques. Dernièrement, la Commission européenne a proposé sa médicamentalisation  Sachant le potentiel des cigarettes électroniques comme alternative au tabagisme et sur la base des preuves scientifiques indiquant clairement qu’elles sont beaucoup plus sûres, il est important que les autorités sanitaires réglementent ces produits d’une manière à favoriser leur accès aux fumeurs qui sont incapables d’arrêter de fumer avec les méthodes médicales actuelle plutôt que de le restreindre. »

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Sylvain Filatriau

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