La cigarette électronique pourrait sauver 2 000 000 de vies selon le Docteur Farsalinos

« La cigarette électronique pourrait sauver 2 000 000 de vies au cours des vingt prochaines années« . Ces mots sont ceux du Docteur Farsalinos, prononcés à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) lors d’une conférence mondiale organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ». Pour autant, nous pouvons nous inquiéter que l’OMS cherche constamment à assimiler la cigarette électronique à la cigarette classique. Nombreux sont ses membres qui œuvrent pour brider son développement y compris sa directrice.


Objet de la conférence mondiale de l’OMS « Tabac ou Santé »

Margaret Chan, directrice de l'OMS, hostile au tabac et à la cigarette électronique

Margaret Chan, directrice de l’OMS, hostile au tabac, et à la cigarette électronique.

Le week-end dernier, se tenait dans la capitale émiratie une conférence mondiale Tabac ou Santé, organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

L’objectif général de cette conférence était de rappeler, à l’échelle mondiale, les dangers du tabagisme, et de promouvoir les moyens de lutte contre ce fléau.

La directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, a utilisé lors de colloque un vocabulaire très fort, démontrant sa détermination à lutter contre la tueuse : « il faut forcer les industriels du tabac à mettre la clé sous la porte » a-t-elle annoncé ».

Par ailleurs, elle a aussi cité en exemple tous les pays qui ont mis en place – ou envisagent de mettre en place – des processus conduisant au paquet neutre, ou à une limitation de la publicité sur le tabac. Jusque là, difficile de s’opposer à ses volontés, s’appuyant sur des arguments sanitaires évidents.

Sauf que, dans cette même conférence, elle a aussi apporté son soutien aux pays qui veulent réglementer drastiquement ou interdire la cigarette électronique. « Ne pas fumer est la norme, et les cigarettes électroniques vont dévoyer cette pensée normale car elles vont inciter à fumer, en particulier les jeunes« , a-t-elle indiqué.

Il aurait été étonnant que la directrice de l’OMS promeuve la cigarette électronique, eu égard que personne n’a, pour le moment, réussi à en démontrer l’innocuité totale.

Néanmoins, nous ne pouvons que condamner le discours prôné. Tout d’abord, on ne peut raisonnablement assimiler la cigarette électronique au tabac, alors qu’il s’agit de deux objets distincts. Selon la loi, vapoter n’est pas fumer : la vapeur n’est le résultat d’aucune combustion, et ne dégage pas de monoxyde de carbone. L’innocuité totale de la vapeur pour l’entourage est quasiment établie, alors que le tabagisme passif est responsable de trop nombreux décès chaque jour.  Surtout, affirmer que la cigarette électronique peut inciter à fumer n’est démontré par aucune étude sérieuse bien au contraire. En France, une récente étude de l’INPES a d’ailleurs rappelé que 98% des vapoteurs étaient des fumeurs ou anciens fumeurs. Par conséquent, continuer à assimiler ces deux produits est une erreur de politique de santé publique.

Position contradictoire de l’OMS

La cigarette électronique pourrait sauver des millions de vie dans les prochaines décennies

La cigarette électronique pourrait sauver des millions de vie ces prochaines décennies, selon le Dr Farsalinos.

Mais surtout, ces mots de l’OMS sont à contre-courant de ceux du Docteur Farsalinos,  chercheur grec du centre de chirurgie cardiaque Onassis d’Athènes bien connu des vapoteurs, qui affirme que « la cigarette électronique pourrait sauver deux millions de vies, dans la prochaine décennie« . Seulement,  contrairement à la directrice de l’OMS, le Docteur Farsalinos s’appuie sur des éléments tangibles : une enquête menée auprès de 19 500 vapoteurs essentiellement américains et européens montre que 81% des participants interrogés ont indiqué avoir cessé de fumer, ou moins fumer, grâce à la cigarette électronique. Bien entendu, il y a un biais de sélection dont on a déjà parlé sur ce blog et arrêter de fumer avec la cigarette électronique n’est peut être pas aussi simple que cela mais ce n’est clairement pas une porte d’entrée.

Beaucoup de spécialistes, à l’instar de Jean-François Etter (Université de Genève), sont aussi en désaccord avec la chef de l’OMS. Le professeur Etter affirmait, à la tribune de cette même conférence d’Abu Dhabi, que « les e-cigarettes, les pastilles de nicotine et les inhaleurs de tabac ne devraient pas être trop réglementés« , ceci afin de promouvoir tout dispositif permettant de sortir de la dépendance au tabac.

Il est en effet contradictoire de chercher à réduire drastiquement la consommation de tabac dans le monde par quelque moyen que ce soit, en cherchant à limiter autant que possible un moyen de réduction de la dépendance à la cigarette, ayant fait ses preuve, et qui constitue une porte réelle de sortie du tabac.

Le paquet neutre : une mesure anti-tabac contestée

LE paquet neutre : pas si efficace

Le paquet neutre : pas si efficace

Plutôt que d’analyser pragmatiquement l’intérêt de la cigarette électronique dans la lutte anti-tabac, de nombreux politiques préfèrent défendre des mesures qui ne semblent pas très efficaces dont le paquet neutre.

En Australie – pays à la pointe de la lutte anti-tabac -, malgré l’obligation du paquet neutre pour les cigarettiers, les ventes de cigarettes ont légèrement augmenté, selon Philip Morris. Bien entendu, on ne peut qu’avoir des doutes sur des données issues d’un cigarettier qui a potentiellement tout intérêt à voir disparaitre de tels paquets neutres.

Mais si on s’intéresse aux effets du paquet neutre sur les jeunes, selon les premières observations, il semble ne pas avoir les effet escompté. Certes, les australiens ont constaté une diminution du tabac de l’ordre de 2,3 points chez leurs jeunes, mais elle semble suivre une tendance mondiale de diminution du tabagisme. Ce qui laisserait suggérer que le paquet neutre n’est pas d’une nette efficacité dans la lutte anti-tabac.

Tandis que, en parallèle, chez les jeunes, dans les pays où le paquet neutre n’a pas été mis en place, selon le tabacologue Bertrand Dautzenberg, la consommation de tabac, a chuté de manière considérable, avec 33% de lycéens fumeurs en 2014, contre 43% en 2011. Ceci, rappelait-t-il en 2014, sans que la cigarette électronique ne soit une première étape vers le tabac pour ces jeunes, démontant donc les craintes émises par la directrice de l’OMS, et par bon nombre de législations répressives à travers le monde.

En conclusion, nous ne pouvons que nous inquiéter de ce climat restrictif à propos de la cigarette électronique au niveau mondial, car il bride la communication et la promotion de ce dispositif, qui pourtant, a déjà permis à de nombreux fumeurs à travers le monde, de ne plus être dépendants de la cigarette classique. Dans la nécessaire lutte anti-tabac, ne pas promouvoir tous les moyens de dépassement du tabac est contre-productif, vis-à-vis des objectifs que l’OMS et d’autres organisations se donnent.

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