Les buralistes responsables de 94% des ventes de tabac aux 16-17 ans: une attitude irresponsable

Selon une étude de l’association « Paris sans tabac« , plus des deux tiers des jeunes fumeurs et vapoteurs se procureraient cigarettes et cigarettes électroniques dans les bureaux de tabac, en toute illégalité: voir la loi « mineurs et tabac », complétée par le décret du 25 mai 2010.

Moralement irresponsable

La plupart des mineurs se procurent du tabac chez les buralistes

La plupart des mineurs se procurent leur tabac chez les buralistes.

Loin de moi la volonté de pointer du doigt la profession des buralistes dans leur ensemble, mais plutôt de dénoncer un non respect de la loi chez certains d’entre eux. Cette négligeance qui permettrait à près de 94% des 16-17 ans fumeurs de se procurer du tabac dans les bureaux de tabac.

Faut-il encore le rappeler en 2015: le tabac est un produit qui tue, et chaque jeune qui tombe dans une addiction au tabac a une chance sur deux d’en mourir plus tard. Ce fléau est la première cause de décès évitable en France et dans le monde. Par conséquent, inciter un mineur à se procurer du tabac est une attitude particulièrement irresponsable.

Par ailleurs, cette même enquête affirme que « chez les 12 à 17 ans interrogés, 41% indiquent avoir pu se procurer [des cigarettes électroniques] dans les bureaux de tabac, alors qu’ils ont plus de difficultés à les acheter en boutiques spécialisées. Une fois majeurs, ils ne sont en revanche plus que 25% à se tourner vers des buralistes. »

Un facteur aggravant concernant la vente de cigarette électronique

En France, depuis 2014, il faut rappeler que la vente de cigarettes électroniques aux mineurs est là aussi strictement interdite.
Ce sujet avait été à l’époque été largement débattu, certains étant convaincus qu’il est anormal de refuser l’accès à la cigarette électronique aux jeunes tombés dans le tabagisme, et qui souhaitent l’utiliser pour arrêter de fumer. Pour d’autres, la cigarette électronique constituerait une porte d’entrée vers le tabagisme chez les jeunes, et doit donc être interdite. Ce sont donc finalement les opposants à la vente de la cigarette électronique qui ont obtenus gain de cause.

Cependant, les mineurs ont peu de difficultés à se procurer du tabac chez certains buralistes. Il y a donc deux poids de mesures. Le fait que les jeunes déclarent pouvoir se procurer plus facilement de quoi vapoter chez les buralistes est problématique pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer. En effet, le matériel proposé n’est pas souvent de dernière génération. Pire, certains modèles de recharge pré-remplies n’existent pas sans nicotine.

Kit cigarette électronique JAI

Un kit de cigarette électronique JAI avec réservoir bridé, achetable chez les buralistes. Avec ce genre de matériel, il n’est pas toujours possible de vapoter sans nicotine, créant un risque accru d’addiction pour tous ceux qui vapoteraient sans avoir fumé auparavant.

Aujourd’hui, on sait tous que fumer tue. Mais sur la plupart des marques de cigarettes électroniques disponibles chez les buralistes, il n’est pas toujours clairement mentionné le taux de nicotine, et bien des buralistes ne prennent pas toujours le temps de le dire au client quel que soit son âge, s’ils ne sont pas questionnés à ce sujet. Dans une récente étude française de l’association Le Souffle sur le tabagisme et le vapotage en milieu scolaire, il est d’ailleurs précisé que près de 40% des jeunes ignorent le taux de nicotine dans leur e-cigarette!

Pourtant, dans la plupart des boutiques spécialisées physiques ou en ligne, le taux de nicotine est l’une des premières questions posées à l’acheteur, car le niveau de nicotine dans l’e-liquide est très important pour l’ancien fumeur qui souhaite réduire sa consommation de ce principe actif du tabac.

Par conséquent, si un adolescent veut se procurer une première cigarette électronique, uniquement par curiosité, il peut rentrer, à son insu et s’en croyant protégé, dans une dépendance à la nicotine. Alors certes, les études au sujet de la responsabilité de la nicotine seule dans l’addiction sont contradictoires, et ce produit se doit surtout d’être dédiabolisé. Selon Jacques Le Houézec, la nicotine en tant que tel ne serait pas plus néfaste pour l’organisme que la caféine. Mais, jusqu’à preuve du contraire, la nicotine n’en reste pas moins responsable d’une addiction entraînant des conséquences – a minima – financières. Et bien que vapoter soit bien moins nocif que fumer d’après toutes les études scientifiques, bien qu’une dépendance à la nicotine seule est beaucoup moins dramatique qu’une dépendance au tabac, les produits liés à la cigarette électronique devraient être destinés uniquement à ceux qui cherchent à se sevrer du tabac.

Deux mesures simples pour les buralistes

Toutefois, il faut bien avouer qu’il est parfois difficile de distinguer un jeune de 17 ans d’un jeune de 18 ans. Il peut donc être complexe pour un buraliste de respecter strictement la loi. Pour remédier à cette situation, deux mesures pourraient être mises en œuvre:
– instaurer un contrôle d’âge systématique avec présentation de pièce d’identité dans les bureaux de tabac, y compris pour les clients réguliers (et amendes pour les buralistes contrevenants). Cette mesure peut paraître pénible à mettre en place mais serait quasiment imparable.
– pour les cigarettes électroniques jetables au réservoir bridé dites « cigalikes« , mettre mieux en avant une mention sur l’emballage indiquant la présence de nicotine, ou non, visible et reconnaissable facilement; ceci afin de ne pas pouvoir tromper l’acheteur.

Pour conclure, il est du devoir moral de chacun de n’inciter AUCUN jeune à commencer à fumer ou vapoter, et il est du devoir de chaque commerçant d’être responsable et respectueux de la loi française. Pour y remédier, des mesures pourraient être mises en œuvre pour mieux faire respecter la loi. Une campagne de sensibilisation pourrait également être menée pour faire prendre conscience aux mineurs qui se procureraient illégalement ou avec l’aide d’un proche du tabac ou des cigarettes que fumer est mortel, et que vapoter sans avoir préalablement fumé n’est a priori pas sans conséquence sanitaire, de surcroît s’il y a de la nicotine dans l’e-cigarette.

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