Etudes scientifiques sur la cigarette électronique : une revue de littérature | Introduction et méthodologie

Les Docteurs Farsalinos et Polosa ont compilé toutes les études médicales sur la cigarette électronique disponibles en 2014

Les Docteurs Farsalinos et Polosa ont compilé toutes les études médicales sur la cigarette électronique disponibles en 2014

Les docteurs Farsalinos et Polosa nous gratifient d’une étude qui fait un point très précis sur l’état des lieux scientifique sur la cigarette électronique en s’appuyant sur plus de 100 études scientifiques sur la cigarette électronique. L’objectif de cette revue de littérature, au delà bien entendu de son caractère informatif pour les consommateurs est de permettre au débat politique sur la réglementation de la cigarette électronique de ne pas reposer uniquement sur des a priori idéologiques. Ainsi tout est passé en revue : la question de la nicotine, l’analyse des composés chimiques dans les liquides et la vapeur de cigarette électronique, leur étude toxicologique, les travaux sur des cas cliniques et sur des données d’enquête, la question du vapotage passif et divers points de sécurité sanitaire (population souffrant de certaines pathologies, risque d’exposition accidentelle à la nicotine, accidents électriques et incendies, utilisation par les jeunes et les non fumeurs).
C’est dense, très dense même mais absolument passionnant et capital si l’on souhaite savoir ce que l’on aspire quand on est consommateur, ce que l’on vend quand on est vendeur et comment légiférer pour préserver l’intérêt publique quand on est politique. Il m’a ainsi semblé indispensable de traduire l’intégralité de ces travaux qui je l’espère servira également aux médias qui souhaitent étoffer leurs articles des références scientifiques complètes et faire un point précis sur la cigarette électronique.

J’ai choisi de traduire l’intégralité de cette longue synthèse de la connaissance scientifique actuelle sur la cigarette électronique et de scinder en plusieurs articles sur le blog pour s’y retrouver plus facilement :
- Introduction et méthodologie (épisode 1 = l’article que vous êtes en train de lire),
Nicotine, cigarette électronique et dépendance (épisode 2),
Les études sur la composition chimique des produits (épisode 3),
Les études toxicologiques (épisode 4),
Les études cliniques et les enquêtes (épisode 5),
Tabagisme et vapotage passif (épisode 6),
Risques de la ecigarette : tabagisme des jeunes, intoxication à la nicotine, explosion (épisode 7),
- La cigarette électronique : positive pour certaines pathologies ? (épisode 8).
Synthèse et conclusion de la revue de littérature sur la ecigarette (épisode 9).

L’étude a été publiée dans la revue internationale Therapeutic Advances in Drug Safety le 13 février 2014. L’intégralité de l’étude est disponible en anglais sur le site en téléchargement  : Safety evaluation and risk assessment of electronic cigarettes as tobacco cigarette substitutes: a systematic review.

Pour commencer voici l’introduction de l’article qui contextualise la question de la cigarette électronique et le descriptif de la méthodologie mise en oeuvre :

Introduction

le Docteur Polosa est l'un des experts sur la cigarette électronique

le Docteur Polosa est l’un des experts sur la cigarette électronique

L’arrêt complet du tabac est la meilleure chose pour les fumeurs. Cependant , les puissantes propriétés de dépendance de la nicotine et le rituel de l’action de fumer crée un obstacle énorme, même pour ceux ayant un fort désir d’arrêter de fumer.

Jusqu’à récemment, les fumeurs avaient seulement deux alternatives : soit arrêter, soit subir les conséquences néfastes de la poursuite du tabagisme. Ce sombre scénario a permis à la pandémie du tabagisme d’augmenter, avec près de 6 millions décès par an et une prévision de taux de mortalité de 1 milliard au 21e siècle [OMS, 2013]. Mais une troisième voie, impliquant l’utilisation d’une source alternative de nicotine beaucoup plus sûre dans le but de réduire les maladies liées au tabagisme est maintenant disponible : la réduction des méfaits du tabac RMT (ndt : THR en anglais pour tobacco harm reduction)  [Rodu et Godshall , 2006]. Les cigarettes électroniques sont les produits les plus récents  les plus prometteurs pour la RMT [ Polosa et al .2013b ]. Ce sont des dispositifs électriques comprenant une batterie (généralement au lithium), et un atomiseur où le e-liquide est stocké et est vaporisé par électricité qui chauffe une résistance encerclant une mèche. Le liquide utilisé est principalement constitué de propylène glycol, de glycérol (ndt : autrement appelé glycérine végétale), de l’eau distillée, des arômes (qui peuvent ou pas être approuvés pour un usage alimentaire) et la nicotine.

Les consommateurs  (communément appelés « vapoteurs ») peuvent choisir parmi plusieurs niveaux de nicotine, y compris des liquides sans nicotine, et une liste d’innombrables saveurs; cet assortiment est un élément caractéristique qui distingue les ecigarettes de tous les autres produits de RMT. Depuis leur invention en 2003 , la cigarette électronique a constamment été améliorée avec le développement de produits de plus en plus attrayants et efficaces. Actuellement , il existe principalement trois types de dispositifs disponibles [ Dawkins , 2013]. Les dispositifs de première génération, imitant généralement la taille et l’apparence des cigarettes classiques et constitués de petites batteries au lithium et de cartomiseurs (c’est à dire de cartouches, qui sont généralement pré-remplie avec un liquide dans lequel baigne l’atomiseur) .Les batteries peuvent être jetables (à utiliser une fois uniquement) ou rechargeable. Les appareils de deuxième génération, principalement composés de batteries de plus grande capacité au lithium
les batteries et les atomiseurs pouvant être remplis avec un liquide (vendu dans des bouteilles séparées) . Sur les atomiseurs les plus récents, vous pouvez simplement changer la tête de vaporisation (résistance et mèche) tout en conservant le corps de l’atomiseur, cela réduit les coûts d’utilisation. Les appareils de 3ème génération (également appelé « Mods » , de modifications ) constitués de piles au lithium de très grande capacité avec des circuits intégrés qui permettent aux vapoteurs de modifier la tension ou de la puissance ( watts) délivrée à l’atomiseur. Ces dispositifs peuvent être combinés soit avec des atomiseurs de deuxième génération ou avec des atomiseurs réparables (les consommateurs ont la possibilité de confectionner leur propre installation de résistance et de mèche).

La connaissance et l’utilisation ( vapotage ) des ecigarette s’est accrue de manière exponentielle au cours des dernières années. Les données obtenues à partir d’enquête de santé ont montré qu’aux États-Unis la connaissance des cigarette électroniques a augmenté de 40,9 à 57,9 % entre 2010 et 2011, avec une utilisation en hausse de 3,3 à 6,2 % au cours de la même période [ King et al . 2013] . au Royaume-Uni, l’utilisation de la cigarette électronique chez les fumeurs réguliers a augmenté de 2,7% en 2010 à 6,7% en 2012 [ Dockrell et al . 2013]. Des résultats similaires ont été obtenus à partir de l’ International Tobacco Control Four Country Survey [ Adkison et al . 2013] . Une récente étude prospective sur les recrues de l’armée suisse a montré que 12 % des fumeurs qui ont essayé la cigarette électronique sont passés à un usage quotidien [ Douptcheva et al . 2013] . Il faut noter que cette hausse de l’utilisation de la cigarette électronique a eu lieu en dépit des préoccupations soulevées par les autorités sanitaires au sujet de la sécurité et la pertinence de l’utilisation de ces produits comme alternative au tabac fumé [National Association of Attorneys General, 2013; Food and Drug Administration, 2009; Mayers, 2009].

La popularité des cigarettes électroniques peut être due à leur capacité à traiter à la fois la dépendance physique (nicotine) et la composante comportementale de la dépendance au tabac. En particulier, la stimulation sensorielle [ Rose et Levin , 1991 ] la simulation du comportement des fumeurs et la manipulation de la cigarette [ Hajek et al . 1989 ] sont d’importants déterminants de l’efficacité d’un produit à réduire ou à remplacer complètement la cigarette classique. Ces caractéristiques sont généralement absentes des thérapies de remplacement de la nicotine (TRN) des médicaments par voie orale pour traiter la dépendance à la nicotine , alors que les cigarettes électroniques sont uniques dans le sens où elles reproduisent des rites associés au tabagisme (par exemple la main à-bouche, le mouvement , la fumée visible expirée ) et la stimulation sensorielle associée à [ Farsalinos et al. 2013b ] . C’est ce qui explique pourquoi ces produits peuvent être efficaces pour réduire la consommation de tabac [ Bullen et al . 2013; Caponnetto et al. 2013b ; Polosa et al . 2011] et être  efficaces comme substituts à long terme des cigarettes conventionnelles [ Farsalinos et al . 2013b ].

Méthodes

Pour cette revue de littérature, nous avons cherché dans la base de données électronique PubMed en utilisant des mots-clés associées à la cigarette électronique et / ou leur combinaison (e-cigarette, electronic cigarette, electronic nicotine delivery systems). Nous avons obtenu un total de 354 résultats, et sélectionnés 41 études que nous jugions pertinentes sur le thème de la sécurité / risques sur la cigarette électronique. La liste des références à l’intérieur de ces études a également été examinée pour identifier les articles pertinents. Nous avons cherché des informations supplémentaires dans les résumés d’études (abstract) présentés lors congrès scientifiques (système respiratoire, cardio-vasculaire, tabacologie, toxicologie), et dans les rapports d’analyse de produits chimiques sur des échantillons qui étaient disponibles en ligne . Nous avons également examiné des études choisies sur des produits chimiques liés aux ingrédients de la cigarette électronique (par exemple, la nicotine, de propylène glycol, le glycérol, la cinnamaldéhyde , les émissions de microparticules, etc ) , mais pas spécifiquement étudiés dans la cadre de la recherche sur la cigarette électronique. Au total , 97 publications ont été trouvées, à partir desquelles 15 analyses chimiques d’un modèle ou d’un nombre limité d’échantillons de cigarette électronique ont été exclues parce qu’elles ont été discutées dans un article de la revue de littérature [ Cahn et Siegel , 2011]. Au total , 114 études sont citées dans le présent document.

Vous souhaitez suivre notre actualité et celle de la ecigarette, ajoutez nous dans vos cercles Google+ et devenez fan de notre page Facebook en cliquant sur les logos à gauche de l’écran.

Sylvain Filatriau

 

 

4 réflexions au sujet de « Etudes scientifiques sur la cigarette électronique : une revue de littérature | Introduction et méthodologie »

  1. Comme je l’ai indiqué dans le corps de l’article les liens vont être complétés au fur et à mesure (ça prend quand même pas mal de temps pour faire une traduction qui je l’espère sera la plus propre possible avec si possible une petite analyse complémentaire).

    Aujourd’hui : épisode 6 sur le vapotage et tabagisme passif.

  2. Est’il vrai que le matériel utilisé aujourd’hui comme une 650 mah et BCC evod par exemple, deviendrais illégal suite au décision prise par la communautés européenne? (Merci de soutenir le monde de la vapote….)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


neuf − = six

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>